B.R.A Tendance Restauration - 375 - Août/Septembre 2016

Quels accompagnements pour concrétiser un projet ? © Vege - Fotolia.com

FINANCEMENT

Quels accompagnements pour concrétiser un projet ?


Ouverture, rénovation, agrandissement… Tout projet de restauration s’accompagne d’une âpre recherche de fonds. Les sources de financement ne se limitent plus aux banques, aujourd’hui. Le crowdfunding est en plein essor et met sur rails un certain nombre de concepts de restauration. D’autres professionnels tirent profit des bourses et concours, qui se multiplient et dont les récompenses peuvent être conséquentes. Voici un tour de la question du financement en 2016, avec conseils pratiques et retours d’expérience.

Par Anthony Thiriet  et Julien Guibet

Décrocher un prêt bancaire

Le prêt bancaire est la solution de financement la plus couramment employée par celles et ceux qui souhaitent mettre en œuvre un projet entrepreneurial. Lorsqu’elle accorde un prêt, la banque cherche à minimiser la prise de risques et à optimiser sa rentabilité.

Mettre les chances de son côté
Pour obtenir l’aval de son banquier, il faut donc présenter un projet mûr, bien préparé, cohérent et avec des garanties : plan de financement équilibré, concept adapté au marché visé, etc. Par ailleurs, la banque ne souhaitant pas mettre en jeu dans le projet plus d’argent que son initiateur, il est nécessaire de partager les risques avec elle ou/et d’autres partenaires économiques.
Le prêt bancaire semble, quoi qu’il en soit, de plus en plus difficile à obtenir. Notamment lorsqu’on porte des projets de concepts atypiques, décalés et contemporains comme ceux que nous présentons chaque mois dans nos colonnes. Les dirigeants que nous rencontrons se disent souvent déçus par les banques qui, selon eux, ne font plus leur travail d’accompagnement de projets entrepreneuriaux. C’est encore le cas, ce mois-ci, du projet Bar à Crêpes auquel aucune banque n’a souhaité s’associer, le jugeant trop original pour la ville et le marché de la restauration.

Nous avons tenté d’avoir des réponses de la part d’un banquier travaillant avec des restaurateurs. Et pour vous aider à convaincre les banques de vous suivre dans votre projet, aussi loufoque soit-il, nous avons listé 5 conseils. Mettez toutes les chances de votre côté dès les premiers contacts !

Passer par une société spécialisée

Une autre façon de financer un projet, de plus en plus répandue, c’est de travailler avec une entreprise ou un organisme dont c’est l’activité même. Les sociétés de financement accompagnent les entrepreneurs, aussi bien d’un point de vue financier (partage du risque avec les banques) que via des conseils et expertises. Si elles exercent souvent avec tous les secteurs d’activité, certaines ont créé un pôle ou des offres dédiés aux CHR.

Prêts et garanties de risques
La Banque Publique d’Investissement (BPI) accompagne par exemple les entreprises avec des solutions adaptées à leurs projets : amorçage, garantie, innovation, etc. Elle intervient en partenariat avec des acteurs privés, aussi bien pour du financement que pour de l’investissement. Cet organisme propose depuis 2015 un « prêt restauration » à taux fixe préférentiel et sans garantie. Ce dernier conduit au mieux les restaurateurs dans leurs actions de modernisation, de mise aux normes ou de transmission de leur établissement (voir ci-dessous).

Le « prêt restauration », mode d’emploi

Proposé par la BPI, le « prêt restauration » accompagne un financement bancaire à moyen ou long terme (fonds de commerce, matériel, immobilier, etc.). Il peut aller de 40 000 à 600 000 €, sans caution personnelle, ni garantie. Pour autant, son montant ne peut pas être inférieur à celui du prêt bancaire. Pour en bénéficier, l’entreprise doit avoir existé plus de 3 ans après son immatriculation au registre du commerce ou registre des métiers. Une exception est faite pour les sociétés créées lors de la reprise d’un établissement exploitant un fonds de commerce, si les travaux de modernisation représentent plus de 20 % du coût du projet. Les restaurateurs franchisés et les adhérents de chaînes volontaires indépendantes peuvent aussi postuler. À noter qu’une entreprise ou un groupe peut bénéficier de plusieurs prêts à taux préférentiel dans la limite de 600 000 €.La durée du « prêt restauration » est de 6 ans. La première année, seuls les intérêts sont à payer tous les trimestres ; les 5 années suivantes, ce seront 20 trimestres en capital et intérêts à terme échu. Le montant du prêt est versé en une seule fois, sur présentation du décaissement du prêt bancaire. Le délai de traitement est court en cas de conformité du dossier.

Parmi les autres organisations qui aident le secteur, citons la SIAGI. Créée en 1996 par les Chambres de métiers, elle a pour objectif de faciliter l’accès au crédit des entreprises artisanales et des activités de proximité, dont les bars et restaurants. « Aujourd’hui, environ 20 % de notre activité concerne la restauration, en majeure partie pour des projets de reprises d’entreprises », précise Anne Moreau, directrice de cabinet du président et chargée de mission auprès de la direction générale.
La SIAGI donne des garanties aux banques pour les prêts : elle peut couvrir entre 15 % et 80 % du risque, grâce à un fonds mutuel de garantie entretenu par les versements des emprunteurs. En 2015, cette société a distribué près de 612 M€ de crédits à l’économie de proximité, pour 3 564 entreprises garanties : 59 % en transmission et reprise, 33 % pour la croissance et le développement et 8 % pour la création.
La SIAGI dispose de nombreuses solutions de garanties adaptées à tout type de projet. Globalement, elle prend un coût d’intervention calculé en pourcentage du montant du crédit, payable en une fois au moment du déblocage des fonds par la banque. En parallèle, la SIAGI propose aux entrepreneurs des conseils et des expertises, mais aussi un service de prévention des risques économiques (le SIAGNOSTIC).

Quels sont les critères de la SIAGI ?

Anne Moreau, directrice de cabinet du président, nous éclaire : « Nous analysons les projets qui nous sont transmis soit par la banque, soit par les réseaux consulaires ou les organisations professionnelles, pour identifier ceux qui peuvent être financés en l’état, ou ceux dont le plan de financement mérite d’être approfondi ou retravaillé. Cette expertise nécessite souvent de rencontrer l’entrepreneur et comporte une activité de conseil qui sécurise l’entrepreneur et le banquier. Outre les aspects financiers du projet, nous nous intéressons à l’expérience, au parcours professionnel du chef d’entreprise et, le cas échéant, au parcours des personnes qui travailleront avec lui. »
Pour faire une demande vous-même, contactez l’agence SIAGI de votre région.

Profiter d’un accompagnement
Comme 3e exemple, nous retiendrons France Active. À l’image des deux autres, elle apporte des garanties financières aux banques. Mais elle s’adresse surtout aux petites entreprises et propose, en plus, un accompagnement professionnel gratuit pour la consolidation du projet : structuration du plan de financement, évaluation des besoins de financement, validation du modèle économique, etc. France Active aide aussi à la recherche d’autres sources de financement comme les aides publiques et les primes à la création.
La « Garantie France Active » peut être demandée par toute personne sans emploi souhaitant créer ou reprendre une entreprise. Elle concerne des prêts de moyen terme de 6 mois minimum (2 ans dans certains cas), sans montant minimal ou maximal. Cette garantie peut aller jusqu’à 65 % pour les entreprises en création ou de moins de 3 ans, et 50 % pour les autres. Le montant garanti est limité à 45 000 €. Le coût pour l’entreprise représente 2 % de la garantie. Ainsi, pour une caution de 45 000 €, le coût sera de 900 €. n

Pour toute sollicitation auprès d’une entreprise ou d’une banque, n’oubliez pas de bien vous renseigner en amont pour déposer le dossier le plus complet et adapté possible.

BPI France : www.restauration.bpifrance.fr
SIAGI : www.siagi.com
France Active : www.franceactive.org

Gagner des prix et concours

Participer à des concours entrepreneuriaux est une autre manière d’appuyer financièrement un projet, directement ou indirectement. S’ils peuvent apporter une manne financière intéressante, ils offrent aussi, souvent, de la crédibilité et de la notoriété… Ce qui n’est pas négligeable dans l’optique d’obtenir un prêt bancaire, par exemple. Certains concours mettent aussi en jeu des dotations matérielles ou du consulting. Et, dans tous les cas, participer à un concours permet de rencontrer des acteurs du secteur et de potentiels nouveaux partenaires.
Il ne faut donc pas hésiter à participer à plusieurs de ces concours pour accroître sa visibilité et ses chances de réussite. Inscrire son projet dans de telles compétitions professionnelles, c’est aussi un excellent moyen de le confronter à la réalité.

Soutiens de grandes marques
Comme exemple, citons la Bourse de la Création Badoit qui récompense chaque année la créativité et l’innovation des entrepreneurs. Les projets, qui doivent porter sur des ouvertures de points de restauration, sont soumis aux regards d’un jury de professionnels présidé par le chef Thierry Marx. Ce dernier indique que 3 grands critères sont jugés :

  • La faisabilité du projet : motivation des entrepreneurs, pertinence commerciale et réalisme sont de mise.
  • La nouveauté et l’originalité : les projets doivent être récents et les concepts doivent se démarquer de l’offre existante.
  • La qualité : une attention toute particulière doit être portée sur les produits et la préparation des plats.

Les 4 finalistes de la Bourse Badoit remportent chacun une formation en eau et cuisine d’une valeur de 1 000 €. Le 1er prix comprend une aide financière à la création du projet d’une valeur de 10 000 €, sous réserve de l’ouverture du restaurant dans un délai de 6 mois, ainsi qu’1 an de coaching d’experts, de communication, d’accompagnement juridique et d’approvisionnement en eau Badoit et évian (jusqu’à 10 000 €). C’est Sugio Yamaguchi et Alexandre Philippe du Botanique Restaurant qui ont été récompensés en 2015 (voir « Cette dotation et son accompagnement ont été une aide majeure dans le lancement de notre affaire »), après l’ex-Top Chef Steven Ramon pour Le Rouge Barre (2014) et Frédéric Bernard avec son food truck L’Estaminet Ambulant (2013).
Un autre exemple de concours porté par une grande marque, c’est Des Cafés pour nos Régions. Pour la 3e année consécutive, Heineken France a récompensé au début de l’été 5 patrons qui participent au renouveau des cafés de quartier. Destiné aux porteurs de projets de création, reprise et réhabilitation de CHR, ce concours a réuni pas moins de 71 candidatures cette année. Chaque lauréat a reçu une dotation de 10 000 €, ce qui est un beau coup de pouce pour ces petites entreprises. Sans parler, là encore, de la communication déployée au niveau national.

Autres compétitions prestigieuses
Pour participer à des concours prestigieux, il n’y a pas que vers les grandes marques de boissons qu’il faut se tourner. Unibail-Rodamco a par exemple lancé, en 2007, le Grand Prix des Jeunes Créateurs du Commerce. Il récompense, chaque année, des créateurs d’entreprises avec un gagnant mais aussi un prix Découverte et un prix Web. Ce concours fait la part belle à la restauration puisqu’en 2016, sur 16 finalistes, 6 sont liés à ce secteur. Persillé, Big Mamma ou encore Rice Trotters sont autant d’anciens lauréats dont le succès a suivi. Les dotations de ce prix sont particulièrement conséquentes : le vainqueur reçoit un accompagnement à la prise à bail d’un local commercial dans un centre commercial Unibail-Rodamco, dans la limite de 1 M€ HT ; le prix Découverte bénéficie d’un accompagnement au lancement d’une boutique éphémère dans un centre Unibail-Rodamco, dans la limite de 175 000 € HT.

Solliciter des aides publiques

Sachez qu’un restaurateur, un gérant de bar ou un porteur de projet dans le secteur RHF peut bénéficier de subventions et d’aides publiques. Qu’elles soient nationales, régionales ou départementales, ces aides à la création, à la modernisation ou à la reprise d’entreprises peuvent s’avérer essentielles. Le grand avantage de telles subventions, c’est qu’aucune contrepartie financière n’est demandée. Un autre point positif de ces aides publiques, c’est qu’elles crédibilisent le projet concerné auprès d’investisseurs potentiels.
Ne vous réjouissez pas trop vite pour autant : les subventions sont difficiles à obtenir, car elles sont très demandées. Le profil des bénéficiaires est restreint et la constitution du dossier demande du temps. Mais qui ne tente rien n’a rien ! Prenez le temps de vous informer sur le sujet pour voir si vous pourriez bénéficier d’un tel appui.

Plus d’infos sur : www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/N16153

Associer ses amis et futurs clients

Pratique en forte croissance ces dernières années, le crowdfunding repose sur la collecte de fonds via Internet. Pour les restaurateurs, il peut aussi bien servir au financement de petites opérations qu’accompagner l’ouverture d’un établissement ou le lancement d’un food truck. La famille, les amis plus ou moins proches, les collègues mais aussi des anonymes séduits par le projet peuvent y participer en effectuant des dons.

On dénombre 4 types de crowdfunding :
• le don simple ;
• le prêt avec intérêts ;
• le prêt sans intérêts ;
• et l’investissement contre des parts.
La forme la plus répandue, aujourd’hui, est celle du don contre récompense, avec des cadeaux ayant plutôt des valeurs symboliques que matérielles.

De nombreuses plateformes web permettent de lancer simplement et rapidement une collecte de fonds. C’est le cas des sites français KissKissBankBank (KKBB) et Ulule, qui accompagnent surtout des petits projets (6 800 € en moyenne pour la restauration sur KKBB). Des portails internationaux comme The Good Invest et Lendopolis sont davantage utilisés pour des projets de plus grande envergure, comme l’ouverture d’un grand restaurant.

Globalement simple et pratique
Déposer un projet sur un site de crowdfunding est gratuit, mais sa publication est soumise à validation. En tant que services de mise en relation, ces plateformes perçoivent une commission sur les collectes réussies. Facturée au créateur du projet, elle est par exemple de 5 % chez KKBB. À cela s’ajoutent, sur ce même site, 3 % de frais de transactions bancaires sécurisées.
Autre point essentiel à connaître : pour recevoir les contributions, un projet doit atteindre au moins 100 % de l’objectif fixé lors de son lancement, et cela dans le temps imparti (60 jours maximum sur KissKissBankBank, 90 chez Ulule). Il peut dépasser son objectif si les donateurs sont généreux. La collecte s’arrêtera, par contre, à la date fixée au départ. Si l’objectif n’est pas atteint, les contributeurs sont remboursés à 100 %, le site ne prend pas de commission et l’initiateur du projet ne gagne et ne perd rien. Notons aussi que les porteurs de projets en conservent, quoi qu’il en soit, la propriété intellectuelle.

Quelques risques à connaître
Le principal avantage du crowdfunding est sans conteste la levée de fonds rapide et sans dépendance à un organisme. Il permet ainsi au porteur du projet de garder son pouvoir décisionnaire, et cela ne l’engage pas à rembourser un emprunt. Par ailleurs, cette pratique apporte une excellente visibilité à un projet sur le point d’être lancé.
Pour ce qui est des inconvénients, l’échec d’une campagne de crowdfunding peut faire perdre en crédibilité un projet. De même, cette pratique impliquant des coûts en communication, ces derniers sont perdus en cas de non-succès. Enfin, notons que le taux de commission peut être assez élevé, entre 7 % et 11 % normalement. Ces deux derniers éléments sont à prendre en compte lors du choix de l’objectif à atteindre.

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5 clés pour convaincre un banquier

  • Disposer d’un apport de fonds propres. Idéalement de 30 % minimum, mais plus il est important, plus vous maximisez vos chances. N’hésitez pas à faire appel à vos proches et amis.
  • Avoir un projet solide et crédible. Une étude de marché et un plan de financement précis seront appréciés. Vous pouvez prendre conseil auprès de cabinets spécialisés qui sauront mettre en valeur votre dossier.
  • Avoir l’appui d’autres partenaires. Sociétés de financement, subventions publiques, bourses… Toute autre source de fonds, y compris le crowdfunding, montrera le sérieux de votre projet.
  • Justifier de bonnes expériences dans la profession et/ou la gestion d’entreprise. N’hésitez pas à mettre en avant vos diplômes.
  • Obtenir et afficher des récompenses prouvant la crédibilité et la notoriété du projet : concours gagné, soutien d’une collectivité, bon classement dans un palmarès, etc.

Cas pratiques

D’jawa compte se développer grâce à des investisseurs inconnus

D’jawa, le concept fast casual de restauration indonésienne, souhaite ouvrir 3 nouvelles adresses, dont une dès cette année. Pour ce faire, la fondatrice Stéphanie Dambron a besoin de 480 000 €, qu’elle espère réunir via la crowdfunding. Elle a décidé de lever des fonds via la plateforme The Good Invest, spécialisée dans l’univers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Ce portail fonctionne sous le modèle de l’« equity », c’est-à-dire que des investisseurs captent les parts de la société sur laquelle ils ont misé, puis sont réunis dans une société annexe dirigée par The Good Invest. Le service proposé par l’opérateur simplifie les rapports entre entrepreneurs et investisseurs.

Objectif dépassé pour Vélicious grâce à une communication différenciante

Projet de café-restaurant 100 % végétal, Vélicious a dépassé les 20 000 € collectés sur KissKissBankBank, soit 145 % de son objectif d’origine. La raison ? Une excellente campagne de communication, très bien huilée. Le jeune couple à l’origine du projet a notamment fait réaliser une bande dessinée mettant en scène leur collecte. Cette dernière a été relayée par plusieurs médias dont Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Vegactu et Alsace20. Des blogeurs et des pages Facebook en lien avec le projet ont aussi partagé cette BD, apportant à chaque fois de nouveaux contributeurs au projet. Celui-ci a aussi été soutenu, pour son caractère innovant, par la région Alsace et le salon européen du financement participatif Europe Refresh. En parallèle, le couple a énormément partagé ses actualités via les différents réseaux sociaux et sur sa page KissKissBankBank, dont les jours restants pour la collecte et les franchissements de paliers.

Le crowdfunding en chiffres

Données arrêtées le 25 juillet 2016

Ulule  Rubrique « Artisanat et Cuisine » : 55 % de réussite sur 978 projets • 54 € de contribution moyenne • Plus de 2,7 M€ de fonds reversés.

KissKissBankBank  Au global : 87 % des projets dépassant 21 % de leur objectif réussissent leur collecte • Taux de réussite passé de 34 % en 2010 (58 projets) à 58 % en 2015 (6 607 projets) • En restauration : 1 002 projets présentés depuis le lancement, dont 51 % de réussite • 478 collectes réussies, pour 50 332 contributions et 3,6 M€ collectés • 6 800 € d’objectif moyen • 72 € de contribution moyenne.

4 clés pour réussir en crowdfunding

1. Bien déterminer son projet : Il faut se fixer un objectif abordable car si le montant visé n’est pas atteint à la fin de la période impartie, les fonds seront redonnés aux contributeurs. Pour les projets de restauration, le don moyen est de 60 € ; un chiffre permettant d’évaluer la récolte potentielle. Ne pas oublier de considérer les coûts liés aux récompenses et à la commission prise par la plateforme. Déterminer un projet, c’est aussi cibler sa clientèle, sa future communauté. Les concepts très originaux ou destinés à des niches parviennent plus facilement à attirer des donateurs, comme Des roses et des choux, café poussette à Strasbourg, et Charabica, bar à chats à Grenoble.

2. Bien présenter son projet : Le soin apporté à la présentation est important. Répondre aux questions « Qui ? Quoi ? Où ? Pourquoi ? Comment ? » est une bonne base, cela ne suffit pas. Il faut raconter une histoire, présenter la genèse du concept, préciser à quoi serviront les fonds. Plus que convaincre, il s’agit de séduire l’internaute, notamment les anonymes. Il est pour cela utile de donner une identité au projet, via des visuels et un logo soignés par exemple. Il est aussi conseillé de réaliser un petit clip vidéo pour adresser aux potentiels contributeurs. Enfin, il est possible et même conseillé de présenter sa campagne avec humour ou décalage, tout en gardant une ligne directrice professionnelle. Babel’Bouche à Marcilhac (46), projet de cuisine voyageuse et créative, a tenté la présentation déjantée. Ses deux initiatrices ont publié des vidéos et des photos drôles et distillé une bonne dose d’humour sur leur page. Et cela a fonctionné puisque leur food truck a été inauguré en juillet.

3. Fixer des récompenses : Loin d’être de simples fantaisies, les récompenses sont un ressort essentiel dans la stratégie de collecte de fonds. Notons cependant qu’elles ne concernent que les petits projets. Mieux vaut proposer des contreparties originales et personnalisées que coûteuses. Il est aussi conseillé de prévoir un panel échelonné (plus le don est important, plus la contrepartie est intéressante). La plupart des projets additionnent les « cadeaux » d’un palier à l’autre, chaque lot pouvant être limité en nombre. Les plus petits dons donnent souvent accès à des objets du quotidien à l’effigie de la marque. Le bar à chaussons et cocktails parisien Patuco, qui a récolté 7 475 € en 25 jours, offrait des stickers, décapsuleurs et totebags logotisés. Pour les plus hauts paliers, des activités comme une journée en cuisine ou une visite chez les producteurs, ou des récompenses sortant des sentiers battus sont appréciées. La pâtisserie-librairie parisienne Une souris et des hommes a collecté 6 890 € en 40 jours. Le concept avait promis la création d’un gâteau inédit « Le financier participatif » en cas d’aboutissement de la collecte. Il a été offert aux contributeurs venus chercher leurs autres récompenses. Précisons que les contreparties font partie des critères analysés par les plateformes pour l’étude du projet.

4. Communiquer et partager : Pour qu’un projet aboutisse, il faut communiquer. Il s’agit de se constituer une communauté prête à soutenir financièrement le projet et à le partager autour d’elle, pour créer un effet boule de neige. L’e-mailing vers tous ses contacts est un bon point de départ. Les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Instagram sont efficaces. Ne pas hésiter à créer une page Facebook dédiée à la collecte et à la mettre à jour régulièrement. Les pics d’activité sont le début et la fin de la collecte, c’est donc à ces périodes qu’il faut accentuer ses efforts. Par ailleurs, ne pas oublier de remercier personnellement chaque contributeur, cela peut les encourager à parler de vous.


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