B.R.A Tendance Restauration - 378 - Décembre 2016

Digitalisation © A. Thiriet

Digitalisation

Le futur, c’est maintenant !


La restauration commerciale pâtit d’un pouvoir d’achat en berne et d’une fréquentation touristique en baisse, deux éléments qui ne changeront pas de sitôt. Votre succès dépend alors de votre capacité à vous adapter et à innover, à vous rapprocher des attentes des clients. Cela passe par la digitalisation Que faire ? Comment s’y prendre ? Ce dossier vous aidera à mieux comprendre l’univers du digital et les outils technologiques à votre disposition pour améliorer vos performances.

Par Anthony Thiriet, avec Emaline Pelletier

ÉTAT DES LIEUX

« La digitalisation de la restauration commerciale est jusque-là restée timide en France », écrit le cabinet Xerfi dans une étude qu’il vient de publier*. Si la majorité des professionnels du secteur est sur Internet, « moins de 30 % des enseignes de restauration traditionnelle proposent la réservation en ligne ». Les experts de Xerfi Precepta précisent que la digitalisation des salles de restaurants n’est pour l’instant menée qu’à titre expérimental ou de façon isolée. « Les restaurateurs ont tout intérêt à s’emparer du digital pour retrouver le chemin de la croissance. Aucun acteur du secteur ne pourra faire l’impasse sur la digitalisation », préviennent-ils.
« Nous devons nous adapter aux évolutions de la société et des habitudes des clients, confirme Florian Poirson, dirigeant de CHR Consulting, qui est notre invité du mois (voir Opens external link in new windowL'invité). Quelle que soit son offre, chaque restaurateur devrait par exemple se lancer dans la livraison car elle apporte, en plus d’un complément de CA, une belle visibilité digitale et de nouveaux clients. »

La difficile intégration des e-services
En plus du e-commerce, les professionnels de la RHF peuvent (et doivent ?) aussi opter pour les e-services. Travailler avec des outils digitaux comme des bornes tactiles, des dispositifs de commande connectés et des applications de gestion, par exemple. De tels systèmes « permettent d’améliorer significativement les process et l’efficacité des équipes », selon Xerfi Precepta. La mise en place de bornes de commandes chez McDonald’s permettrait de gagner en moyenne 3 secondes par client et 18 % de CA.
Mais, là encore, la plupart des restaurateurs n’en sont qu’à leurs balbutiements. « Ils sont à peine sur les réseaux sociaux et ne savent parfois pas ce qu’est le click & collect, qui pourrait pourtant booster leur affaire », constate Lucien Bertotti, cofondateur de La Brigade Digitale, un collectif souhaitant démocratiser le discours numérique dans le secteur de la restauration (voir dans dossier « Nous voulons aider les restaurateurs à se digitaliser avec efficacité »). L’arrivée de nouveaux types de restaurateurs, issus de formations commerciales type HEC, et ayant une vision plus « business », pourrait accélérer les choses, la digitalisation pouvant aussi « transformer la logique marketing traditionnelle » et « entraîner le secteur dans l’ère de la personnalisation », précise Xerfi Precepta.

*Étude Xerfi Precepta titrée La restauration commerciale : gagner le pari de la digitalisation, des nouveaux formats et lieux de consommation.

En chiffres

L’usage du digital en France et en RHF

Les Français sont dans le Top 3 des internautes les mieux équipés au monde. Chaque semaine, ils sont 19 % à consulter leur smartphone pour des informations produits. Un Français passe chaque jour 1 h 09 en moyenne sur son écran de téléphone, en 160 consultations différentes. L’appareil est donc consulté toutes les 10 min. Avant un achat, 24 % des Français consultent le site de la marque, 45 % font des recherches en ligne et 51 % se fient aux avis des internautes. 60 % des Français considèrent qu’Internet est la source première pour découvrir ou mieux connaître un produit, une marque ou un lieu. 41 % utilisent leur smartphone comme une source d’inspiration pour un prochain achat. Les restaurateurs sont aujourd’hui 47 % à utiliser des applications mobiles. 99 % d’entre eux en ont une application liée à la gestion de leur établissement. Mais 3/4 des professionnels de la RHF se déclarent perdus face à la sphère numérique.

Sources : CP de La Brigade Digitale / Consumer Barometer 2015 - Country Report – France by Google / Étude Restauration 2015 réalisée et publiée en mai 2016 par Gira Conseil.

Alors, convaincus ? Nous savons que ce n’est pas le problème et qu’il vous manque surtout des informations claires et organisées. Voici donc une sélection d’outils et d’applications, liées aux étapes du parcours client et aux missions d’une équipe de restauration, qui pourraient vous être utiles.

SÉLECTION DE SOLUTIONS

Optez pour une plate-forme 3.0
La digitalisation d’un restaurant passe d’abord par son système de caisse. Les acteurs du marché proposent tous des solutions innovantes. Tiller System commercialise par exemple des caisses « nouvelle génération », connectées sur iPad, qui s’avèrent être de vraies plates-formes de gestion. AURES Technologies a emporté la confiance de SSP avec ses terminaux Yuno. « Faites entrer le digital dans vos établissements ! » lance PI Electronique qui propose une gamme de TPV « simples à utiliser et permettant de se consacrer à son cœur de métier ».
Des acteurs moins renommés tentent de s’imposer avec des solutions elles-aussi conçues pour faciliter l’encaissement et la gestion des CHR. Associé à une plateforme de self-service, iKentoo permet notamment de piloter sa caisse à distance. « Avec la synchronisation des télécommandes sur la caisse, on voit tout, tout de suite ! L’interface est agréable et intuitive. Nos serveurs sont plus à l’écoute de nos clients », témoigne Emmanuelle Portier du restaurant suisse Le Kuklos. Wynd, système d’encaissement cross-canal, peut être déployé sur divers outils, comme une borne tactile, toutes les informations étant synchronisées en ligne. L’Addition propose une caisse sur iPad qui « centralise tous les points de souffrances du restaurateur » et peut être reliée à un tiroir-caisse et un TPE. La Caisse Tactile veut, elle aussi, « simplifier la vie des gérants de CHR », pour un prix abordable. « Plus qu’un logiciel de caisse, c’est un outil logistique complet qui nous a permis de fidéliser nos clients et de développer des solutions pour augmenter notre CA », lance Hana Mannai, gérant de Yes Sushi (78).
Ces solutions n’en sont que quelques-unes parmi tant d’autres. Comment choisir ? Les experts s’accordent à dire qu’il faut surtout envisager les potentialités. « Il faut veiller à ce que la plate-forme centrale soit ouverte. Elle doit par exemple pouvoir être liée à des systèmes de précommande et de prépaiement », conseille Florian Poirson. Vérifiez bien aussi que le système soit aux normes de la loi Finances 2018.

Osez les tables et tablettes tactiles
Le 2e pilier de la digitalisation d’un CHR, c’est l’installation de tables tactiles et/ou la mise à disposition de tablettes. Ces dernières peuvent aider la clientèle à faire son choix via des informations qu’elle n’aurait pas trouvées sur une carte classique. En se substituant aux serveurs, les tablettes placent le client au cœur de son expérience repas. Mais elles sont encore peu déployées en France et certaines tentatives ont même échoué, comme Fastcook qui se voulait être un « fast food 2.0 » à Rennes. Aux États-Unis, des milliers de tablettes équipent des enseignes nationales. Conçues pour le secteur, elles sont généralement durcies et résistantes à l’eau et intègrent un lecteur de CB.
Pour l’instant, les professionnels français utilisent surtout ces équipements pour les vins. L’application iWinePad permet de présenter toute son offre sur une carte interactive, avec des fiches détaillées et des accords plat-vin. Elle offre aussi au restaurateur une gestion de sa cave en temps réel, avec signalement des vins à réapprovisionner et statistiques détaillées sur les ventes.
Le marché est encore plus frileux sur les tables tactiles. Quelques expériences semblent cependant fonctionner, comme le bar-restaurant Touch’in à Paris 8e. Ses tables proposent depuis 4 ans, en plus de la carte et de la commande, divers services comme l’appel d’un serveur ou des activités ludiques. Ouvert depuis plus de 2 ans à Bordeaux, Max à Table propose aussi de s’installer autour de tables tactiles. Elles permettent notamment de composer son burger et de régler l’addition, mais aussi de jouer et de naviguer sur Internet (voir dans dossier « Nos tables tactiles nous rapprochent de nos clients »). Digitale Interactive qui les a installées a même fait en sorte que les clients puissent voir la cuisine en temps réel.

Déployez des bipeurs en salle
Les bipeurs sont une autre facette de la digitalisation des CHR. Jtech France propose d’en finir avec la file d’attente dans ou devant votre établissement grâce à GuestCall. Pouvant être vibrant, sonnant et/ou flashant, le bipeur fourni au client lui permet de se promener ou de se relaxer en attendant qu’une table se libère ou que sa commande soit prête. L’accueil et la caisse sont ainsi dégagés et le serveur n’a plus besoin de courir après les clients. Ce système permet aussi une rotation plus rapide des tables. Long Range Systems dispose d’un système semblable baptisé Le Guest Call, permettant de fluidifier la prise de commande et l’encaissement et de réduire l’impatience des clients. L’entreprise propose des bipeurs originaux, en forme de homard par exemple pour les restaurants de fruits de mer.
Jtech France commercialise aussi Servalert, des bipeurs à destination des serveurs. Une base d’appel installée au passe permet au chef de les prévenir individuellement qu’une commande est prête. L’équipe réduit ainsi ses déplacements inutiles. Finis aussi les plats froids et la confusion. « La productivité, la qualité du service et des plats et l’atmosphère générale sont améliorés », lancent les utilisateurs. Hard Rock Café évoque même une hausse du chiffre d’affaires. Notons que Syscall propose également des bipeurs pour les clients et les serveurs. Les systèmes de géolocalisation se déploient, d’autre part. Table Tracker (LRS) améliore la rapidité du service en identifiant l’emplacement du client.

Proposez un prépaiement dématérialisé
Le service peut aussi gagner en rapidité grâce à la dématérialisation de l’addition. Des Français – surtout des Parisiens – commencent à régler leurs notes par mobile. Chez Mazzuco, Florian Poirson travaille avec W-HA, un système de prépaiement par smartphone. « C’est tout bénéfique pour le professionnel : gain de temps, gestion simplifiée et point de vente sécurisé ! Nous n’avons plus besoin de collecter des euros auprès du client, ce qui est la partie la moins agréable de notre métier et de son expérience. » Le restaurateur parisien accepte même les Bitcoins, une monnaie P2P libre et ouverte.
TablOnline, proposé par Guestonline, propose aussi un prépaiement, avec prise d’empreinte de la carte bancaire. Le système fonctionne dans de nombreux établissements comme La Tour d’Argent et le principe semble être bien accepté par les clients. Et pour convaincre les potentiels utilisateurs, certaines start-up osent l’innovation : FUDO offre la course Uber pour rejoindre l’établissement dont on a prépayé l’addition.

Développez votre e-présence
Certaines applications dédiées au commerce en ligne gèrent les réservations, les livraisons et le suivi clientèle. C’est le cas de LivePepper dont l’interface permet de tout maîtriser et de « prendre de l’autonomie par rapport aux portails et sites prenant des commissions ». L’image et les actions marketing sont mieux maîtrisées et les offres et menus peuvent être aisément mis à jour. La prise de précommande quand le lieu est fermé participe à la dynamisation les ventes. Tout cela pour 59 € à 99 €mois (+ options).
Avec Wysifood, le restaurateur peut installer sur son site Web et ses réseaux sociaux un module de prise de commandes et de réservations, sans commission mais avec un abonnement (49 €mois ou 490 €an). L’outil optimise la présence du restaurant sur la toile et permet d’augmenter le ticket moyen de 20 %. Les avis et notes des clients peuvent être récoltés et analysés. « Cette solution offre de l’efficacité et de la fiabilité. Plus besoin de décrocher le téléphone, chercher un stylo, noter la commande, calculer le prix, se laver les mains… » témoigne Dominique Morel de One S Sandwicherie à St-Brieuc (22). La mise à jour des informations est simple, le restaurateur étant en contact direct avec le développeur.

Fidélisez et attirez les clients
La digitalisation facilite le suivi client. Appyourself est une boîte à outils permettant de développer et fidéliser sa clientèle. L’interface en ligne permet de créer et administrer un site Web optimisé Google et une application mobile et Facebook et de suivre les avis. Le système peut collecter et segmenter les informations et prévoir l’envoi d’enquêtes ou de messages ciblés. Les chaînes peuvent intégrer l’outil en marque blanche. FidMe est un autre acteur dont la version gratuite offre peu de possibilités mais l’option professionnelle Premium permet d’accéder à de nombreuses données et à de nouvelles opportunités marketing (20 €mois). Scoreway permet pour sa part de récolter les avis in situ et de mesurer la satisfaction client en temps réel.
Des systèmes de fidélisation multi-commerçants se développent aussi, comme Youfid et Les Habitués. D’autres outils travaillent sur l’attraction de nouveaux clients. LasTable permet par exemple de publier ses tables disponibles à la dernière minute, avec des remises de 10 % à 50 %. Ce service permet d’optimiser l’occupation du restaurant, donc de générer du CA complémentaire.

Commercialisez vos invendus
OptiMiam va encore plus loin dans l’optimisation puisqu’elle permet de vendre des excédents à ceux qui se trouvent à proximité, sous forme de promotions flash (min. 25 %). « Notre système rend tout le monde content : le restaurateur rentabilise ses pertes et les clients font de belles économies ! », lancent les fondateurs. Cette application géolocalisée qui permet de réduire le gaspillage, de générer du trafic et de se faire connaître est notamment utilisée par Brioche Dorée, Paul et Subway.
TooGoodToGo est une autre appli anti-gaspi permettant à ses utilisateurs de récupérer des produits invendus à petits prix, en click & collect. L’originalité réside dans le fait que le client ne sait pas à l’avance ce qu’il trouvera dans son panier. Le restaurateur peut choisir d’encaisser l’argent ou de le reverser à une association caritative. Chef de L’Épi Dupin, François Pasteau adhère à ce système : « Le produit est au cœur de ma démarche et ne pas gaspiller, c’est respecter le produit ! »

Managez plus efficacement
Pour être totalement digitalisé, il faut intégrer des solutions de management. Certains systèmes permettent d’oublier Excel et les papiers en cuisine. Skello est un outil collaboratif de gestion des plannings et des équipes qui connecte employés et managers à un même document en ligne. Il facilité la gestion administrative des RH et améliore la cohésion des équipes. Pour Jérôme Montoille de Big Fernand, « cet outil intuitif et agréable offre une gestion optimale des équipes et fait gagner un temps considérable sur la gestion des plannings et l’aspect comptable qui en découle ».
Snapshift est une autre solution de gestion du personnel pour la RHF : plannings, suivi des absences, administratif simplifié, gestion des contrats et préparation de la paie se font en ligne. « Les employés ont toujours le planning à jour avec eux et sont prévenus de toute modification. Une fonction leur permet même d’échanger leurs horaires », précise Olivier Severyns chez Snapshift, qui évoque aussi la suppression des feuilles de présence papier et la réalisation rapide des bilans souhaités par la comptabilité (3 €mois et par salarié, 30 jours d’essai gratuits). « Ce système a révolutionné notre organisation. Les jeunes regardent fréquemment leur planning. Snapshift est devenu un outil essentiel chez nous », témoigne Julien Zatara, à la tête de 2 restaurants Boca-Mexa à Paris.

Améliorez votre organisation de travail
Enfin, le digital peut aussi servir à mieux organiser son travail en cuisine. FoodMeUp permet de créer des fiches techniques dynamiques pour piloter la production, le stock et les approvisionnements. Les recettes, appareils et ingrédients sont interconnectés et leur gestion est centralisée. L’outil peut même enregistrer des arbres de recettes et aider à l’attribution de tâches (20 € à 65 €mois).
D’autres services se concentrent sur l’hygiène. C’est le cas d’ePack Hygiène, une solution tactile qui facilite la gestion de la sécurité alimentaire. Elle permet de gérer aisément la traçabilité des produits et d’effectuer tous les contrôles nécessaires. La fonctionnalité ePack Manager répond aux problématiques HACCP des groupes de restauration ou multi-sites en leur permettant de contrôler, même à distance, le Plan de Maîtrise Sanitaire de chaque unité. ePack Hygiène fait gagner du temps en cuisine et améliore le niveau de sécurité alimentaire. « Les normes d’hygiène sont de plus en plus contraignantes. Cet excellent outil nous accompagne et nous permet d’alléger la démarche HACCP », lance M. Leroy de la Bièrerie & Brasserie du Casino à Cannes. L’utilisation de pictogrammes rend la solution ludique et fonctionnelle et la tablette de saisie permet de gérer les réceptions de marchandises à distance.

Des aires de jeux interactives

Kylii Motion a digitalisé les aires de jeux dans une partie des restaurants Flunch. Modulaires, différentes et innovantes, les espaces Kylii Kids créent de l’interactivité. Jeux de réalité augmentée dont les enfants sont les héros, jeux de sols interactifs pour courir et s’amuser à plusieurs, jeux tactiles pour s’occuper calmement… Les activités sont variées et renouvelées à chaque visite. Flunch n’est pas la seule enseigne à s’être lancée dans la digitalisation de ses aires pour enfants. Certains Burger King intègrent par exemple des espaces ludiques et interactifs.

Et si vous lanciez votre application ?

L’utilisation d’applications devient monnaie courante en France. My App Resto propose d’en créer une facilement pour votre enseigne. Il suffit de choisir un design et des fonctionnalités et de préparer le contenu, et l’équipe s’occupe du reste. « Le fait d’avoir une appli ajoute de l’influence à son arsenal marketing », précise-t-elle. Notifications push à une sélection de clients ou selon leur géolocalisation et mise en avant de plats du jour, d’offres éphémères et de services additionnels sont possibles. L’outil fournit aussi des statistiques sur la clientèle. Tout cela pour 199 € /an.

Un partage d’addition facilité

Les divisions compliquées de fin de repas sont fréquentes. Quelques applications s’attaquent au problème. Avec PayMyTable, le partage de l’addition se fait en quelques clics sur un smartphone. L’application mobile gratuite permet de consulter la note et de la régler à sa guise : d’un coup, en partie, selon un partage en parts égales ou selon la consommation de chacun. PayMyTable prévoit même l’ajout d’un pourboire. « Finies les 15 min passées à attirer l’attention du serveur, attendre l’addition, faire les comptes et payer. Tout est plus simple et rapide. Le serveur n’est plus bloqué sur un paiement. Cela entraîne une amélioration du service et du CA via une meilleure rotation des tables », explique Pierre de la Lande chez PayMyTable, qui travaille notamment avec Agapes et le Groupe Flo. Le système peut être intégré à une application existante, en marque blanche. Parmi les autres acteurs, Eazeat permet de réserver, préparer son menu et payer seul ou à plusieurs.

Des touristes mieux accueillis !

The World Menu est une appli de traduction de menu. Spécialisée dans la restauration, l’équipe est capable de retranscrire les expressions idiomatiques et le vocabulaire spécifique. Vous pourrez ainsi mieux accueillir vos clients internationaux, qui commanderont peut-être autre chose qu’un burger ou une pizza, et augmenteront ainsi leurs dépenses. Le système engendre un gain de temps pour les employés. Un Pack découverte gratuit et sans engagement est proposé.

Les distributeurs s’y mettent aussi

Transgourmet renforce ses services et lance son application mobile

Sur EquipHotel a été dévoilé le nouveau portail Transgourmet Solutions dont l’objectif est de « redonner du temps aux restaurateurs ». Le distributeur propose aux professionnels de prendre en charge leurs besoins en recrutement, équipement, formation et conseil via une plate-forme dédiée, accessible 24h/24 et 7 jours/7. Une partie des services était à découvrir dans un restaurant éphémère au cœur de l’Espace T d’EquipHotel. Des start-up comme Tiller, Brigard, Skello, Les Habitués et Smiirl y ont notamment présenté leurs solutions adaptées au secteur. Les visiteurs ont aussi pu découvrir le Restaurant Digital créé, en partenariat avec Transgourmet, par la Brigade Digitale (voir dans dossier « Nous voulons aider les restaurateurs à se digitaliser avec efficacité »). Et pour aider les restaurateurs à mieux gérer leurs approvisionnements, Transgourmet France a lancé son application mobile gratuite. Elle leur permet de passer commande, consulter plus de 12 000 fiches produits et découvrir les catalogues et l’actualité du groupe, d’où ils veulent et quand ils veulent. Cette appli est un condensé digital de l’univers de Transgourmet.

Metro Cash & Carry aide ses clients dans leur démarche de digitalisation

Gustin Gonzague, chef de projet du digital chez Metro Cash & Carry France, présentait aussi un nouveau portail sur EquipHotel. « Nous sommes partis du constat qu’il fallait aider nos clients à se digitaliser pour leur permettre de se développer », nous a-t-il confié. Metro propose aux restaurateurs de découvrir une sélection de start-up proposant des services digitaux innovants et variés, tous utiles et efficaces. Concrètement, des grandes bornes digitales seront installées aux caisses des entrepôts. « Nous exploitons ce moment où les restaurateurs ont un peu de temps en attendant que leurs achats soient traités », explique Gustin Gonzague. Les bornes tactiles offrent 2 portes d’entrée : soit le professionnel sait ce qu’il veut et se dirige vers les informations qu’il désire ; soit il n’a pas réfléchi à la question de la digitalisation et préfère laisser le système lui présenter certains services. Dans les deux cas, le restaurateur peut organiser, via la borne, des rencontres dans l’entrepôt Metro avec les responsables des start-up. Il peut aussi demander à être recontacté par ces jeunes entreprises. Si elles seront déployées l’an prochain dans tous les entrepôts de France, ces bornes sont pour l’instant en test entre ceux de Bercy, de Paris 18e et de Nanterre. Une quinzaine d’applications digitales sont, pour le moment, référencées. A.T.

Des recrutements plus efficaces

Des systèmes virtuels permettant de recruter plus facilement. ­Brigad repose sur une technologie de « matching » pour proposer aux restaurateurs des profils adaptés à leurs besoins et horaires. L’application inclut un service de placement instantané par SMS pour un remplacement de dernière minute par exemple. Les « brigaders » faisant l’objet d’évaluations, le professionnel sait à qui il aura à faire. OuiTeam permet aussi de créer une offre et recevoir des profils de candidats disponibles et expérimentés, tout en gérant les formalités administratives. Pensez aussi à HotelCareer.fr, portail qui vous accompagne tout au long de vos campagnes de recrutement. Attractives et exhaustives, les annonces sont aussi des outils de communication véhiculant des valeurs. Les candidats peuvent postuler depuis leurs tablettes ou smartphones et les offres, conseils et actualités sont aussi disponibles sur l’application HotelCareer.

BILAN, CONSEILS ET EXPÉRIENCES

Ce parcours dans le monde du digital vous a-t-il plu ? Y avez-vous trouvé de bonnes idées ?
Ou êtes-vous encore plus perdu qu’avant ? Prenons de la hauteur et faisons le point.

Réservation, commande, collecte, menu, paiement, avis, management, hygiène… Les points digitalisables sont nombreux et les outils qui s’y rapportent le sont tout autant. « Le seul point qui n’est pas digitalisable, c’est le repas, et c’est tant mieux ! Il faut qu’il reste la priorité du restaurateur », souligne Laurent Pailhès, notre partenaire coach en restauration, gérant de Neo Engineering (voir Opens external link in new windowPoint de Vue). Et pour tout le reste, on fait quoi ?
« De nombreux process peuvent être simplifiés du côté du restaurateur grâce au numérique, et les échanges entre le restaurant et son client peuvent être facilités », résume Bernard Boutboul, dg de Gira Conseil et cofondateur de La Brigade Digitale. Il rappelle aussi que « la digitalisation n’a surtout pas l’objectif de se substituer au personnel ou de diminuer la masse salariale, mais plutôt d’accroître la satisfaction et la fidélisation des consommateurs ». Ce que l’on retiendra, surtout, c’est qu’elle doit être mûrement réfléchie, et pourquoi pas accompagnée pour être maîtrisée. Cela permettra d’éviter que le dessert arrive avant le plat, à cause de mauvais réglages.

Un restaurant 100 % digital
Le chef parisien François Pasteau a accepté de jouer au cobaye pour La Brigade Digitale en déployant plusieurs outils digitaux à L’Épi Dupin. Ce restaurant est devenu une vitrine de la foodtech française avec notamment la précommande, le paiement partagé, l’éco-calculateur carbone, la traçabilité digitalisée, la vente des invendus et la fidélisation numérisée. « L’Épi Dupin intègre à la fois le digital et l’éco-responsabilité. C’est un bel exemple de ce qu’il faut faire », commente Lucien Bertotti.
Et François Pasteau semble ravi : « Il ne faut pas avoir peur de la digitalisation, mais il ne faut pas non plus se précipiter ! Il s’agit de choisir les outils permettant d’optimiser son organisation et/ou d’améliorer son service. » Il ne faut pas oublier aussi que la plupart de ces applications et systèmes ont un coût. Le chef dresse un autre constat positif : « La digitalisation peut clairement motiver les équipes ! »

L’initiative

Lancement des « e-chefs »

L’outil de réservation et de gestion clients Guestonline a lancé « Les e-chefs : la restauration française à la reconquête du numérique » avec de grands noms de la gastronomie. Le but ? « Affirmer la volonté de la restauration française de prendre en main sa transformation digitale. » Le secteur souhaite capitaliser sur les données consommateurs pour améliorer l’expérience client et développer la croissance, tout en maîtrisant mieux la relation clients/prospects. ♦ www.lesnouveaux-echefs.fr

Le conseil

Principe de précaution ! « Si une start up vous présente un système ‘révolutionnaire’ avec un abonnement, mais que vous ne savez pas estimer ses retombées, ne signez pas ! Demandez une période d’essai gratuite et sans engagement » Florian Poirson, CHR Consulting


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